EDDE Anne-Marie - Saladin

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L'Autre
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EDDE Anne-Marie - Saladin

Message par L'Autre » ven. août 28, 2009 11:57 am

Saladin
de Anne-Marie Edde

La légende de Saladin se propagea rapidement après son trépas. Anne-Marie Edde y voit le plus beau succès de ce dernier. Avoir réussi à laisser de lui une image positive aussi bien en Orient qu’en Occident. Cette biographie se veut avant tout thématique. Le principal fil conducteur est l’analyse du discours. Autant celui des détracteurs que des laudateurs de Saladin. C’est pourquoi il s’adresse avant tout à celles et ceux qui sont un minimum au fait des événements qui ont marqué le XIIème siècle.

Cette période est bien évidemment marquée par les Croisades qui ont débuté avec l’appel du pape Urbain II en 1095. L’auteur rappelle que si dans les discours le combat contre les Francs était toujours présenté comme celui de l’islam contre la chrétienté, dans les faits Saladin n’hésitait pas à rechercher l’alliance de ceux qui lui serait le plus utiles, quelle que fût leur religion. La Realpolitik avant la lettre. C’est pourquoi il est difficile de parler de guerre de religion. Il s’agissait plutôt de souverains confrontés à des difficultés intérieures et extérieures qui tentaient de se trouver des alliés, quelle que fût leur religion, contre ceux qui les menaçaient.

La carrière de Saladin débute en Egypte. Après divers péripéties, il conquiert le pays et met fin à la dynastie chiite des Fatimides (1171). Jusqu’en 1186 il lutta principalement contre ses adversaires musulmans pour se faire reconnaître comme le souverain incontesté de l’Egypte, de la Syrie-Palestine et d’une partie de la Haute-Mésopotamie. L’offensive décisive contre les Francs eut lieu lors de la bataille de Hattin en 1187, année qui voit aussi tombé Jérusalem. Le Royaume de Jérusalem se réduisit désormais à la ville de Tyr.

Sa politique intérieure et extérieure, à l’égard des musulmans comme à l’égard des Francs, fut le plus souvent caractérisé par une attitude de prudence, de consultation et de négociation. Avec ses adversaires Saladin privilégia la diplomatie. Anne-Marie Eddé y voit plus une politique mûrement réfléchie répondant à des intérêts qu’une générosité chevaleresque.

Saladin tint à légué à la postérité une image de lui irréprochable pour ce qui à trait à la religion. Dès la conquête de l’Egypte, il justifia sa politique par la volonté de rétablir l’autorité abbasside. Il veilla d’ailleurs à faire reconnaître ses conquêtes par le calife de Bagdad. On lui doit aussi la suppression de diverses taxes non prévu par la loi islamique. Bien qu’appartenant à l’école chafiite, il eu de nombreuses discussions avec les savants des autres écoles orthodoxes du sunnisme. Il témoigna aussi un grand intérêt pour le soufisme, en tant que protecteur mais non en tant qu’acteur.

La tolérance de Saladin à l’égard des Juifs est perceptible dans plusieurs sources chrétiennes ou juives. Il remit toutefois en vigueur diverses mesures discriminatoires contre les dhimmis. Ces derniers perdirent sans doute définitivement certains biens ou certaines positions. Cela ne les empêcha pas de maintenir globalement leur place et leur influence dans la société.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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