HAZAN Eric - Notes sur l'occupation

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HAZAN Eric - Notes sur l'occupation

Message par L'Autre » ven. sept. 04, 2009 8:55 am

Notes sur l'occupation. Naplouse, Kalkilyia, Hébron
de Eric Hazan


Ces Notes ont été prises entre mai et et juin 2006, période calme en Cisjordanie où l’on tuait tout au plus une demi-douzaine de jeunes gens chaque semaine…. Dès la première ligne du récit, Eric Hazan donne le ton. Celui-ci est militant mais sans les excès qui rendent trop d’ouvrages « pro » indigestes ou nauséeux. Ces notes de voyages sont intéressantes dans la mesure où elles témoignent du quotidien et des aspirations de Palestiniens vivant à Naplouse, Hébron et Qualiqiya dans ce climat de ni guerre ni paix.

L’année 2006 a été marquée par la victoire du Hamas aux élections législative. Il s’en suivit une campagne de boycott par la communauté internationale. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer le resserrement de certains autour du Hamas, à l’instar de ce libraire marxiste de Naplouse : « Le Hamas, c’est une fraction respectable de la résistance. On ne peut pas punir le peuple d’avoir fait un choix démocratique. Le Hamas a rempli un vide que nous avons laissés se creuser. Nous avons des divergences avec eux, mais non ne serons jamais contre eux ». Hazan remarque que pour de nombreux Naboulsis le Fatah est considéré comme le parti de la collaboration avec l’occupant.

Hazan estime qu’Oslo a démobilisé le peuple. La désillusion fût grande. Lors de son séjour, sa plus grande surprise fût de constater que l’idée d’un Etat unique sur le territoire de la Palestine historique est désormais une quasi-évidence. La plupart des Palestiniens ont fait leur deuil d’un Etat palestinien ou, pour le dire autrement, ils ne veulent plus entendre parler de simulacres à savoir tables de négociations, processus de paix, calendriers de redéploiement phases I, II, et III.

L’auteur revient aussi sur une dérive encore trop présente dans le monde arabe. La négation de la Shoah. Il appel les intellectuels arabes à s’inspirer de l’exemple d’Edward Saïd, à savoir dénoncer ceux qui falsifient l’histoire.

Le panorama est assez sombre, du moins amer. C’est pourquoi une phrase laisse dubitatif. Hazan affirme que quand le pays sera en paix, quand les savonneries ruinées et les misérables logements de la vieille ville seront transformés en restaurants de luxe et hôtels de charme pour la bourgeoisie judéo-arabe et les touristes, les petits-neveux des « martyrs » dont les portraits funèbres se mêlent aujourd’hui aux affiches électorales se diront peut-être qu’au fond, c’était le bon temps. On ne voit pas trop ce qu’il faut comprendre derrière ses propos sibyllins.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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