ENDERLIN Charles - Le grand aveuglement

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ENDERLIN Charles - Le grand aveuglement

Message par L'Autre » ven. oct. 30, 2009 11:38 am

Le grand aveuglement - Isräel et l'irrésistible ascension de l'islam radical
de Charles Enderlin


Depuis « l’affaire Al-Dura », certains se plaisent à prêter des intentions démoniaques au journaliste Charles Enderlin. Ce dernier ferait feu de tout bois pour diaboliser encore et toujours Israël. Si l’on devait juger son dernier ouvrage sur ce critère, on ne pourrait que déplorer un échec cinglant. A moins que l’on considère que le simple fait d’émettre des critiques sur la politique israélienne s’assimile à de la diabolisation. Car c’est bien de cela qu’il s’agit avec « Le grand aveuglement » . Enderlin met en lumière différentes erreurs qu’a commise Israël dans son appréhension de l’islam radical, erreurs qui ont facilité, notamment, la montée en force du Hamas.

1967 est un tournant pour le Proche-Orient. La guerre des Six-Jours libère les forces du fondamentalisme messianique en Israël et apporte une nouvelle énergie à l’intégrisme musulman. A Gaza, le cheikh Yassine diffuse les écrits de Sayyid Qutb, textes qui sont pas moins virulents que Mein Kampfs sur les Juifs, relève Enderlin. Quand en 1970 Yassine crée la Moujamma Al-Islami (l’Union islamique) association affiliée aux Frères musulmans, cette dernière reçoit une autorisation officielle de Tel-Aviv. Tout comme sera autorisé la création de l’université islamique de Gaza dont la plupart des membres fondateurs appartiennent à la confrérie. A cette époque la priorité est la lutte contre l’OLP, Yassine est perçu comme l’antidote à l’organisation sous la coupe d’Arafat.

Il est intéressant de relever que les chefs de l’establishment religieux ont été les premiers à adresser un mise en garde à l’administration militaire afin qu’elle n’accorde pas d’accréditation officielle à la Moujamma.
Yassine sera condamné en 1984 à treize ans de prison suite à une perquisition chez lui où l’on a découvert des armes. Il sera relâché en 1985 en échange de trois soldats israéliens capturés pendant la guerre du Liban.

A propos de la guerre du Liban de 1982, Enderlin déplore qu’aucun service de renseignements israélien, militaire ou civil, n’ait pris le soin d’étudier la communauté chiite libanaise.
Ces services estimaient qu’il s’agissait avant tout d’une population pauvre, peu significative, ayant peu d’influence sur la politique libanaise. Si Israël réussit à chasser l’OLP, elle favorisa l’ascension d’un ennemi d’autant plus redoutable, le Hezbolllah. Israël trempa aussi dans le scandale de « l’Iran contragate ». A savoir la fourniture d’armes à la république islamique d’Iran alors en pleine guerre contre l’Irak.

Différents rapports établis dès le milieu des années 1980 attestent pourtant du potentiel destructeur du courant islamiste. Malheureusement ces mises en garde n’ont que trop peu d’écho parmi les décideurs israéliens. Enderlin estime que Gaza et sa population ne pesaient pas assez lourd pour retenir véritablement l’attention des dirigeants israéliens. Il déplore aussi qu’après le départ du gouverneur militaire Itzhak Segev en 1981, aucun de ses successeurs ne tenta véritablement de développer l’économie de Gaza.

Ce n’est qu’avec la publication de la charte du Hamas que le mouvement ne jouit plus d’aucune immunité. Israël souhaitera graver dans la tête des Palestiniens qu’ils n’obtiendront rien par la violence. Ce qui amena une autre dérive. Ainsi pour Mati Steinberg (un ancien du Shin Beth) cité par Enderlin, ce genre d’approche globale envers les Palestiniens a effectivement gravé leur conscience mais dans la direction opposée.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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