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MAALOUF Amin - Les croisades vues par les Arabes

Posté : ven. déc. 04, 2009 10:51 am
par L'Autre
Les Croisades vues par les Arabes. La barbarie franque en Terre sainte
de Amin Maalouf


Ce livre est intéressant pour certaines anecdotes et réflexions mais un peu décevant si l’on a lu ne serait-ce que la synthèse de Grousset, « L’épopée des Croisades ». Amin Maalouf appuie son propos par diverses citations de personnalités arabes contemporaines aux croisades néanmoins il n’en ressort guère plus que ce qui avait déjà été brillamment esquissé par Grousset. Les Francs étaient perçus comme des barbares, seul étaient admirés chez eux leurs qualités guerrières.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le sac de Jérusalem n’aura provoqué sur le moment, aucun sursaut. Il faudra attendre près d’un demi-siècle avant que l’Orient arabe ne se mobilise face à l’envahisseur, et que l’appel au jihad lancé par le cadi de Damas au diwan du calife ne soit célébré comme le premier acte solennel de résistance.

Amin Maalouf évoque aussi les différentes alliances « contre-nature » ou des coalitions musulmanes-chrétiennes affrontaient d’autres coalitions musulmans-chrétiennes. Il note que les chroniqueurs arabes n’en semblaient nullement choqués. Au contraire on peut déceler chez l’un d’eux un petit sourire amusé.

Malgré les conflits des échanges avaient lieux et les Francs répartirent en Europe avec différents emprunts à la société arabe. A l’instar du charabe, ces boissons fraîches aux fruits concentrés qui deviendront sous formes liquides, sirops, ou glaces et sorbets. Ou alors les oignons rougeatres, ascaloniens, un mot qui sera déformé pour devenir échalote. Les francs s’initieront aussi à la colombophilie (pigeons voyageurs). Dans un autre registre le mot hasard vient du jeu de dé, déjà connu dans l’Egypte pharaonique, appelé par les arabes « ah-zahr », très en vogue à l’époque des Croisades.

Pour Amin Maalouf, l’effet le plus désastreux de l’agression dont ont été victimes les Arabes est qu’ils se sont fermés aux idées venues d’Occident. Il esquisse aussi différentes réflexions sur les causes du déclin arabe, notamment l’absence de souverain arabe depuis cette date et l’incapacité à bâtir des institutions stables.