GROSSMAN David - Le vent jaune

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L'Autre
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GROSSMAN David - Le vent jaune

Message par L'Autre » mar. déc. 29, 2009 4:05 pm

Le vent jaune - Un écrivain israélien enquête dans les territoires occupés
de David Grossman


A la sortie de cet ouvrage, le premier ministre israélien de l’époque, M. Itzhak Shamir, avait crié à la trahison. On est pourtant loin, très loin, du brûlot anti-israélien. Grossman explique qu’il est un artiste du refoulement, que lui aussi a mis en sourdine les problèmes de moralité et d’occupation. D’où la volonté de se confronter à cette réalité et d’en témoigner. L'auteur est allé à la rencontre des habitants des territoires occupés, colons y compris. Il nous livre leur quotidien, et de ce fait, met en lumière la politique d’Israël qu’il juge inadéquate et répréhensible. On décèle aussi certains tabous de l'auteur, notamment sur le passé d'Israël qu'il préfère mettre en sourdine.

Les enfants se situent au cœur du conflit. Grossman s’insurge contre l’éducation à la haine aveugle que subissent les jeunes palestiniens. Il revient aussi sur une étude qui a été réalisée sur les rêves des jeunes enfants palestiniens et israéliens. Des rêves où il n’y a ni échappatoire ni soulagement. Ni lueur de pitié, ni contact amical. Il dénonce aussi ceux qui du côté israélien veulent faire croire que, depuis toujours, ce peuple est incapable de cruauté, de haine envers nos ennemis, de haine véritable.

L’auteur est aussi allé à la rencontre des colons du Goush Emounim. Il explique que ces derniers se prennent pour les continuateurs du Mapaï historique. D’ailleurs les anciens du Mapaï n’ont jamais caché leur sentiment et leur satisfaction en face des activités de ces nouveaux bataillons de choc du sionisme.

Toute une phraséologie a été mise en place pour travestir la réalité de l’occupation israélienne. Grossman cite Amos Elon qui désignait cette pratique comme une laverie de mots, spécialisée dans le blanchissage de crime. C’est par ces pirouettes que les palestiniens ne sont plus tués mais « trouvent la mort »…

Dans tout le dispositif de contrôle des territoires occupés, les check-points et barrages sont la hantise des Palestiniens. Grossman explique qu’au passage du pont Allenby il a senti tout de suite comment cet endroit se transformait en une serre pour la croissance de l’animosité à l’égard d’Israël. Il revient aussi sur l’impact des punitions collectives.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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