CHERIF Mustapha - L'islam - Tolérant ou intolérant

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CHERIF Mustapha - L'islam - Tolérant ou intolérant

Message par L'Autre » sam. mars 13, 2010 8:48 pm

L'islam - Tolérant ou intolérant ?
de Mustapha Chérif


Il est dans l’air du temps de diaboliser l’islam. Tenter de rétablir un équilibre est une entreprise louable. Dans sa tentative de redresser le bâton, Mustapha Chérif semble malheureusement l’avoir tordu dans l’autre sens. Ainsi à ceux qui accusent l’islam d’être foncièrement intolérant il répond, qu’au contraire, la religion prêchée par Muhammad est fondamentalement tolérante. La nuance et le sens du détail peuvent aller se reposer. La première partie est une analyse du rapport à l’Autre, le non-musulman, que cela soit dans le Coran ou les écrits de certains penseurs musulmans. Tandis que la deuxième partie porte sur le processus de mondialisation, avec notamment une contre-argumentation de la thèse du « choc des civilisations » de Samuel Huntington.

Mustapha Chérif aborde le Coran en dix dimensions principales. Elles tendraient toutes, de manière spécifique et directe, à former des musulmans ouverts, accueillants et responsables, capables de créativité et d’universalité. Aussi, c’est une culture de paix à laquelle appelle, en premier lieu, le Coran. Le concept de paix en islam dépasse tous les autres. Ce sont les aléas de l’Histoire qui ont compromis intentions du Message. La responsabilité en incombe aux hommes, et non pas au texte ni à son messager. Pourquoi avoir choisit de faire l’impasse sur les versets du Coran et les hadith qui mettent à mal sa thèse ? Quand en plus l’auteur écrit que tout intellectuel conscient refuse de choisir entre deux modèles négatifs : le dénigrement ou l’apologie… Peut-être que son inconscient a choisi pour lui.

Pour le statut de « dhimmi » l’auteur appelle à faire la distinction entre la théorie et ses applications. En ce sens que la théorie serait libéral avec des applications parfois contraires. Il semble plutôt que cela soit l’inverse. A savoir que les dispositions très restrictives du pacte d’Omar n’ont été que rarement totalement appliquées.

Mustapha Chérif estime que ceux que l’on qualifie de « nouveaux réformateurs » de l’islam ne font pas bonne route. Il les accuse de dissoudre les valeurs de l’islam et de prétendre que la tradition est entièrement négative. Hormis une allusion qui renvoie à Abdelwahab Meddeb on ne voit pas qui il vise. Surtout qu’un peu plus loin il cite en exemple certaines figures des « nouveaux penseurs de l’islam » pour reprendre la terminologie de Rachid Benzine (1).

Dans un autre registre, Mustapha Chérif cite en exemple l’Algérie qui a réussi à contenir le terrorisme et triompher de lui car Alger n’a pas confondu islamisme et islam, et encore moins ce dernier avec le terrorisme. Peut-on réellement féliciter le gouvernement algérien pour sa répression forcenée ?

Face à la dictature du marché qui dévoie le progrès et contredit les valeurs de relation humaine et des libertés, l’auteur estime que la dissidence de l’islam peut-être salutaire si elle s’effectue de manière réfléchie, ouverte et pacifique. Quelle forme et quel but pour cette dissidence ? Chérif reste muet. En conclusion, il appelle les êtres humains de tous les horizons, soucieux de liberté, de justice et de sens, à être solidaire. Les injonctions « Prolétaires de tous les pays unissez-vous » ou « Croyants de tous les religions faites front » seraient dépassées.

(1) Rachid Benzine - Les nouveaux penseurs de l'islam
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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