CLOT André - Soliman le magnifique

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L'Autre
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CLOT André - Soliman le magnifique

Message par L'Autre » ven. avr. 30, 2010 7:31 pm

Soliman le magnifique
de André Clot


En 1299, Osman Ier, fondateur éponyme de l’Empire ottoman, conquiert la ville byzantine de Mocadène, aujourd'hui Bilecik. C’est le début d’une épopée qui durera plus de 600 ans. C’est sous Soliman, dit le Magnifique, que l’Empire ottoman atteint son apogée. Il fit trembler les puissances européennes qui craignaient sa puissance et son ambition. Les différentes campagnes militaires que Soliman dirigea personnellement sont détaillées dans la première partie de l’ouvrage. André Clot propose ensuite de revenir sur la société ottomane au temps de Soliman. Petit bémol, l’auteur reste passablement muet sur le caractère et la personnalité de Soliman.

Pendant plus de deux siècles, l’armée turc fut la première du monde. C’est grâce à elle que Soliman étendit considérablement les frontières de l’Empire ottoman. La première campagne qu’il dirigea se fit contre Belgrade, qu’il conquiert en février 1521. Le conflit presque permanant qui s’ouvre entre le monde chrétien et les Ottomans durera jusqu’à la fin du siècle. Soliman sera stoppé devant Vienne où les conditions météorologiques et le manque de vivre lui imposa la levée du siège. André Clot note d’ailleurs que pendant plusieurs siècles, l’Europe sera sauvée des Turcs plus par son climat et la distance qui la séparait de Constantinople que par les prouesses de ses généraux.

La menace des Turcs sur l’Europe eut une autre conséquence inattendue. Les Protestants furent les principaux bénéficiaires du conflit de Charles Quint et Ferdinand avec les Ottomans. La menace turque a été une des causes principales de l’extension et de la consolidation du protestantisme en Europe. En obligeant les Habsbourg à diviser leurs forces, Turcs et Protestants, au XVIe siècle, se sauvèrent probablement les uns les autres.

A l’est Soliman dut faire face à la dynastie Safavide, musulman mais considéré comme hérétiques car chiites. La campagne dit des « Deux Irak » qu’il lança contre le Shah dura deux ans. Il conquiert Bagdad. La prise de l’ancienne cité des Califes marque la fin de la période des grandes conquêtes.

André Clôt revient aussi sur le devsirme, pratique très répandu dans l’Empire ottoman. Il s’agissait du réquisitionnement de force des adolescents ou enfants chrétiens des territoires contrôlés par les Turcs. L’auteur note que, paradoxalement, cette forme d’esclavage fût considéré comme la voie la plus sûre pour parvenir aux honneurs et à la fortune. Ainsi de nombreux grands vizirs sont issus du devsirme.

Le principal reproche que l’histoire peut faire à Soliman est d’avoir inauguré le règne des favorites et des courtisans qui devait, plus tard, tant affaiblir l’Empire. A contrario, on doit à Soliman la protection de toutes les formes de création. Artistes, poètes, théologiens, légistes, historiens, hommes de science étaient accueillis au Palais et pour eux les finances du sultan étaient intarissables. Lui-même possédait une solide culture ainsi qu’une profonde connaissance du coran et des sciences religieuses.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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