GRESH Alain - De quoi la Palestine est-elle le nom ?

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GRESH Alain - De quoi la Palestine est-elle le nom ?

Message par L'Autre » ven. févr. 18, 2011 11:21 pm

De quoi la Palestine est-elle le nom ?
de Alain Gresh


Pour celles et ceux qui suivent un tant soi peu les écrits d’Alain Gresh, il leur sera facile de répondre au titre de l’ouvrage en forme de question, nul d'entamer la lecture. Le caractère colonial de l’entreprise sioniste est en effet ressassé à l’envi par les pro-palestiniens. L’ouvrage est tout de même intéressant pour les différentes réflexions pertinentes qu’il contient. A coup sûr, cet essai ne touchera qu’un public de convaincus tant l’auteur exaspère au-delà des cercles de lecteurs du « Diplo ». Il est bon de rappeler qu’il écrit majoritairement en réaction au discours dominant, ce qui explique certains non-dits. Ainsi ce n’est pas parce qu’il n’hurle pas avec les loups contre le régime de Téhéran qu’il est pour autant un thuriféraire d’Ahmadinejad. Il semble tout de même prêter inutilement le flanc à la critique avec certains propos des plus contestables.

L’auteur use et abuse, grossièrement, des clivages « blancs » / « non-blancs » et « occidental »/ « non-occidental ». Ainsi les travaux des chercheurs palestiniens n’auraient commencé à être pris au sérieux qu’après que des historiens blancs les eurent confirmés. Il narre aussi les mésaventures d’une équipe de journaliste d’Al-Jazira qui ont été rejeté par la population locale du Dakota, lors d’un reportage. Ce rejet s’expliquerait par la règle : ce sont les Blancs qui photographient, ce sont les autres, que l’on photographie.

La campagne BDS est furtivement évoquée. Cette dernière aurait pour principe de faire comprendre à la population israélienne que la poursuite de l’occupation à un prix. Les messages envoyés par les divers promoteurs de la campagne sont pourtant bien plus ambivalents. Qui plus est, l’ouvrage d’Omar Barghouti (1) porte un tout autre contenu, bien plus radical.

En plus de revenir sur certains moments clés du conflit israélo-arabe, Gresh évoque le climat antisémite qui régnait en Angleterre au début du XXème siècle. Les reproches faits aux juifs ne manqueront pas d’évoquer certains parallèles avec la situation actuelle… contre les musulmans. Il relate aussi les soutiens antisémites au sionisme et les liens que noua Weizmann avec Jan Smuts, alors Premier ministre de l ‘Afrique du Sud.

Gresh revient aussi brièvement sur un des thèmes de prédilection du camp adverse : la collaboration de certains Arabes avec les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il cite Achcar (2) qui rappelle que les Arabes et les Berbères qui combattirent dans les rangs des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale furent considérablement plus nombreux que ceux qui combattirent dans les rangs des pays de l’Axe.


(1) Boycott - Désinvestissement - Sanctions - BDS contre l'apartheid et l'occupation de la Palestine

(2) Les Arabes et la Shoah - la guerre israélo-arabe des récits
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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