Netanyahu offre une faible marge de manoeuvre à Obama

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L'Autre
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Netanyahu offre une faible marge de manoeuvre à Obama

Message par L'Autre » mar. juin 16, 2009 12:06 pm

Reuters 15.06.09 a écrit :En acceptant, sous de strictes conditions, le principe de la création d'un Etat palestinien, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu donne le minimum de latitude nécessaire au président américain Barack Obama pour poursuivre le processus de paix au Proche-Orient.
Dans un discours qui s'adressait autant à Obama qu'aux Palestiniens, Netanyahu a évoqué l'avènement d'un Etat palestinien démilitarisé, sous réserve qu'Israël soit reconnu comme l'Etat du peuple juif avec Jérusalem comme capitale indivisible.
Obama a salué "un pas important pas en avant" de Netanyahu, dont les déclarations, estime-t-il, constituent un engagement en faveur de son objectif de parvenir à une solution à deux Etats dans le conflit israélo-palestinien.
Dans l'ensemble, Netanyahu n'a fait que reprendre à son compte les anciennes positions israéliennes, mais il fournit à Obama juste assez de marge de manoeuvre pour poursuivre le processus de paix.
"Pour ce qui est de la préoccupation du président Obama de la nécessité d'accepter une solution à deux Etats, Netanyahu a dit des choses avec lesquelles le président va maintenant pouvoir travailler", a déclaré Martin Indyk, le directeur du Centre Saban du groupe d'influence Brookings Institution.
Selon l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, l'idée d'un Etat palestinien démilitarisé est quasi identique à celle d'un Etat non militarisé formulée par l'ancien président Bill Clinton à la fin de son mandat.
De même, les traités assortis de restrictions à la souveraineté des Etats ne sont pas nouveaux, a-t-il dit, en citant l'accord de paix israélo-égyptien qui autorise la présence de forces de police dans le Sinaï, mais pas celle de militaires.
"Donc, un Etat démilitarisé est à première vue une solution d'ouverture, je pense, une chose avec laquelle les Etats-Unis peuvent travailler", estime-t-il.
MAHMOUD ABBAS FRAGILISÉ
Selon Steven Cook, spécialiste du Proche-Orient au Conseil des relations étrangères, les conditions posées par Netanyahu à la création d'un Etat palestinien sont de nature fragiliser le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans son combat contre les militants islamistes du Hamas.
"Il a effectivement parlé d'un Etat palestinien, ce qui est plutôt une rupture pour un dirigeant du Likoud", a dit Cook. "Mais il a répété le même type de conditions qu'il a déjà posées et reposées. Démilitarisation. Pas de contrôle de son espace aérien, en gros Israël peut contrôler ses frontières."
Le dirigeant conservateur a également insisté sur la nécessité que les Palestiniens renoncent au droit au retour des réfugiés et à leur réinstallation à l'intérieur des actuelles frontières d'Israël.
"Chose intéressante, c'est quelque chose que je pense tout le monde reconnaît plus ou moins, mais le formuler place les Palestiniens dans une position très inconfortable".
"Cela n'aide pas vraiment Abou Mazen (Mahmoud Abbas) à lutter contre le Hamas".
Netanyahu n'a pas cédé à la deuxième exigence de son allié américain: le gel des activités de colonisation. Le Premier ministre israélien a seulement accepté qu'Israël ne construise pas de nouvelles colonies et cesse les expropriations pour créer de nouvelles implantations.
Le problème reste ainsi entier et devrait continuer à froisser les Américains.
Cependant, estime David Makovsky, chercheur à l'Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, Netanyahu a donné à Obama "de quoi travailler, même si des désaccords subsistent sur la question des colonies".
"Netanyahu a fait un pas de géant en disant clairement que le problème n'était plus son opposition à un Etat palestinien mais plutôt les modalités et contours d'un tel Etat", a déclaré Macovsky.
"C'est important parce que Netanyahu représente les parties du centre-droit qui se sont toujours méfiées du processus de paix, persuadées que c'était un aspect qui allait favoriser le terrorisme", a-t-il ajouté.
Cook estime cependant que ces déclarations ne devraient pas faciliter la tâche d'Obama.
"Il a parlé d'un Etat palestinien, mais c'est un fragile roseau auquel s'agripper étant donné toutes les conditions posées".
"Je ne m'attends pas à ce que le président Obama lève le bras et disent 'ok, c'est fini'. Mais il a certainement donner de quoi permettre à Obama de travailler", dit Cook.
Version française Mathilde Gardin
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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