COLLECTIF - Regards croisés sur le Proche-Orient

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L'Autre
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COLLECTIF - Regards croisés sur le Proche-Orient

Message par L'Autre » ven. mars 25, 2011 3:54 pm

Regards croisés sur le Proche-Orient
de Collectif


En ce début d’année 2011, voici un ouvrage qui promet de mettre à la portée du grand public des savoirs jusque-là réservés aux spécialistes, un livre qui serait inédit sous bien des aspects. Aussi convaincant qu’une « bonne résolution » un soir de réveillon... Quiconque s’intéresse au conflit israélo-arabe trouvera l’ensemble des thèmes abordés dans d’autres ouvrages ou articles sur internet. Il est tout de même appréciable que Michel Derczansky ait sélectionné des auteurs aux sensibilités différentes, voir opposées.

C’est Antoine Sfeir qui ouvre la marche avec un article consacré aux rapports qu’entretiennent les pays arabes et Israël. Il est regrettable que ce dernier n’établisse pas une distinction entre le discours publique des pays arabes, très souvent bellicistes, et leurs positions réelles en privés, bien plus pragmatiques. Il semble aussi oublier le Plan Fahd de 1982 quand il affirme que ce n’est que depuis 2003 que les dirigeants arabes sont prêts à s’asseoir autour d’une table avec les représentants d’Israël.

Alors que l’on évoque souvent la polarisation Fatah-Hamas, Jean-François Legrain parle des déçus du politique comme les membres d’un « troisième parti ». Une dépolitisation qui conduit soit à un retour vers la sphère religieuse et le piétisme, soit, pour les plus laïcs, à une renonciation du politique pour se tourner vers des mouvements structurés autour de la contestation du Mur et de l’occupation israélienne.

Dans son article sur les médias, Jérôme Bourdon s’emmêle les pinceaux lorsqu’il évoque l’enlèvement du journaliste Alan Johnston. Ce n’est pas le Hamas qui l’a enlevé mais le clan Dughmush.

Jérôme Sainte-Marie revient sur la perception du conflit israélo-arabe par l’opinion publique française. Il évoque l’affaissement progressif du soutien à Israël. Comme il le relève, cet affaissement ne s’est pas pour autant traduit par une montée symétrique en faveur des Arabes. En guise de conclusion, l’auteur cite Elie Barnavi pour qui le degré de sympathie ou d’antipathie que l’Etat des Juifs encourt dépend dans une large mesure de sa propre politique…

Dès qu’il s’agit de critiquer l’antisionisme, il est de bon ton de l’assimiler plus ou moins subtilement à un antisémitisme larvé, voir inconscient. C’est Pierre Nora qui s’y colle. Il enfonce même le clou en évoquant le traumatisme collectif que représente, après des siècles d’oppression, le fait de se retrouver, sans le vouloir, dans la situation d’oppresseur. Curieuse forme de compassion… Cela dit, on ne peut que rejoindre Meir Weintrater lorsqu’il affirme que pour certains, le terme sioniste ne sert plus à décrire ou a analyser, mais uniquement à vitupérer.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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