Hajj Amin al-Husseini

De la chute de l'Empire ottoman à nos jours
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L'Autre
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Hajj Amin al-Husseini

Message par L'Autre » sam. févr. 09, 2008 7:48 pm

Voici une brève biographie de l'ex mufti de Jérusalem, Hajj Amin al-Husseini, établie à partir des différents ouvrages que j'ai lu.

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A ce jour, aucune biographie en langue française n’a été consacrée à l’ancien mufti de Jérusalem Hajj Amin al-Husseini. Il a pourtant occupé le devant de la scène pendant toute la période de la Palestine sous mandat britannique. Son rapprochement avec le IIIème Reich allemand pendant la 2ème Guerre mondiale reste le seul passage de sa vie qui est fréquemment relevé. Nombreux sont ses détracteurs qui cèdent à la tentation d’aborder toute son existence par cette alliance en faisant de lui un nazi avant la lettre.
Il est à ce sujet édifiant que « L’encyclopédie de l’Holocauste » publiée par Israël Gutman consacre au mufti un article deux fois plus long que les articles de Himmler et Heydrich réunis, plus long que l’article sur Eichmann. Parmi tous les articles biographiques, seule le dépasse en longueur, et encore de peu, celui d’Hitler1 . A titre de comparaison, Raul Hilberg dans son monumental « La destruction des Juifs d’Europe » n’évoque l’ex-mufti que deux fois2. Le faite du processus de diabolisation a été atteint, notamment, lorsque Benyamin Netanyahou affirma que Hajj Amin était l’un des initiateurs de l’extermination systématique des Juifs d’Europe […] collaborateur et conseiller d’Eichmann et de Himmler dans l’exécution du plan3. Comme le relève Idith Zerthal, cette accusation a le double tort d’être sans fondement et d’enlever une partie de leurs responsabilités aux véritables initiateurs et auteurs de la Solution finale. Quoi qu’il en soit il n’y a pas lieu de discuter sur le caractère ignoble de cette alliance, ou pire, de tenter de la justifier. Le reste de la vie du mufti apporte toutefois un peu plus d’éléments qui contribuent à mieux cerner la complexité du personnage.

Hajj Amin al-Husseini est né en 1895. Il est issu d’une famille de notables à la généalogie illustre le rattachant au prophète de l’islam par son petit-fils, Hussein. Il a suivi une stratégie d’enseignement propre aux familles de notables : arabe et instruction islamique à l’école religieuse musulmane, turc à l’école d’Etat, français chez les missionnaires catholiques français et à l’Alliance israélite universelle. (Albert Antébi l’a considéré comme son pupille). Hajj Amin est ensuite envoyé au Caire pour suivre les enseignements de Rachid Rida4.
Pendant la 1ère guerre mondiale, il est officier sous le drapeau ottoman et l’un des organisateurs de la levée de volontaires arabes palestiniens au profit de l’émir Faysal. En contact avec différents nationalistes arabes, il fonde à Jérusalem une antenne de la société Al-Fatat5, le club arabe. Au sortir de la première guerre mondiale, Wilson suggère l’envoi d’une commission d’enquête interalliée au Proche-Orient chargée d’entendre le souhait des populations. Hajj Amin et d’autres activistes poussent certains notables comme Musa Kazim al-Husseini ou Raghib al-Nashashibi à se prononcer en faveur de la Syrie du Sud avec une forte autonomie intérieure. Après la chute de Faysal en 1920, qui met fin au projet de Grande Syrie, commence réellement en Palestine une lutte nationale contre le sionisme6.
Chaque année a lieu le pèlerinage musulman de Nabi Mûsâ. Des foules de pèlerins convergent de tout le pays à un endroit près de Jéricho où se situe la tombe de Moïse. En 1920, cet événement prit une tournure éminemment politique. Des débordements ont dégénéré en pillages, agressions et meurtres. Jacques Derogy et Hesi Carmel7 évoquent un « petit Kichinev ». Kamal el-Husseini8 est accusé d’avoir laissé la procession dégénérer en démonstration sanglante et en émeute meurtrière. Hajj Amin aurait quant à lui scandé « Au nom du roi battez les Juifs » ainsi que « Longue vie à notre roi Faysal » en brandissant une immense photo de ce dernier. Benny Morris9 parle, lui aussi, de pogrom. Il évoque le caractère mixte, musulman et chrétien du rassemblement. Contrairement à Derogy et Carmel il n’attribue pas les paroles antisémites à Hajj Amin mais au chef des pèlerins d’Hébron qui déchaîna les violences. Il souligne que certains Arabes protégèrent leurs voisins juifs et que les émeutes firent plusieurs victimes, six Juifs tués, plusieurs femmes violées, plus de deux cents personnes blessées et quantité de biens détruits, dont des synagogues. Les Britanniques ont constitué une commission d’enquête sur les troubles qui aboutit au rapport « Pallin ». Benny Morris affirme que ce rapport confirme les accusations juives alléguant une responsabilité arabe et (de manière implicite) celles d’une collusion anglo-arabe. Henry Laurens cite10 le même rapport. Cependant, selon lui, ce dernier penche pour la thèse de l’agent provocateur. La note rattachée à cette affirmation, un extrait dudit rapport, semble confirmer ses dires. Selon un témoignage recueilli par le consulat de France11 : « Dimanche 10 heures, les gens d’Hébron arrivèrent au cercle arabe. Un enfant prononça un discours excitateur. Après lui, Monsieur Khalil Bedas prononça aussi un discours au cœur duquel il montra le portrait de Feisal (Faysal) en disant voilà le roi des arabes. Après lui Abdul Fattah Derwich fit un discours qui fit une grande impression. Les jeunes gens juifs jetèrent des cailloux contre le portrait et crachèrent sur lui. Alors commença une bagarre entre les Juifs et les Arabes. Elle dura environ une heure. Les Arabes pénétrèrent en ville et mirent au pillage quelques boutiques juives. La bagarre amena la mort de 18 Juifs et 4 musulmans ».
L’administration militaire ordonne l’arrestation, notamment, d’Hajj Amin et de Jabotinsky (leader sioniste). Hajj Amin réussira à s’enfuir. Quelques mois plus tard, le premier Haut-Commissaire britannique en Palestine, Sir Herbert Samuel, décrète l’amnistie générale pour les condamnés juifs et arabes de la manifestation de Nabi Musa.
Le 21 mars 1921 le mufti de Jérusalem, demi-frère de Hajj Amin décède. Dans la tradition musulmane, le mufti est un jurisconsulte qui délivre des avis juridiques ou fatwa qui, à l’époque classique, pouvaient être prises en considération, mais n’avaient pas force exécutoire. Les mufti n’occupaient aucune fonction officielle et n’étaient pas rémunérés12. Les Britanniques décident de restructurer ce système et placent le mufti au-dessus de toutes les autres responsables religieux en Palestine13. Faute de collège électoral qui doit désigner le nouveau mufti, les Britanniques en forment un. Le mufti arrive quatrième aux élections. Certains lui reprochent une éducation religieuse trop faible. Malgré ce résultat, Herbert Samuel l’intronise Mufti de Jérusalem. La fête de Nabi Musa devant avoir lieu tout prochainement, Hajj Amin a assuré le haut commissaire qu’en cas d’élection, il assurerait le maintien de l’ordre public. La Grande-Bretagne le nomma aussi au poste de président du Conseil supérieur islamique. Créé le 9 janvier 1922, ce conseil, élu pour quatre ans se voit confier le contrôle des waqf, la tutelle des tribunaux religieux ainsi que la nomination des qadis et de l’ensemble du personnel judiciaire14. Lors de la fête de Nabi Musa en 1921 Hajj Amin invite Herbert Samuel et lui fait servir un repas préparé selon les règles traditionnelles juives15. Le déroulement de la manifestation se passe dans le calme.
Lors du cortège du 1er mai 1921 éclate, à Jaffa, une bagarre entre communistes et socialistes juifs. Un arabe est bousculé. S’ensuit le pillage de nombreux magasins ainsi que l’agression à coups de bâtons de tous les juifs que musulmans et chrétiens rencontrent sur leur chemin. La violence s’étend au littoral à proximité de Jaffa. Les Husseini réussissent à maintenir le calme à Jérusalem16.
Du 25 août au 21 décembre 1921 se tient à Genève un congrès arabe. Une partie de la délégation palestinienne refuse énergiquement de fondre la Palestine dans la Syrie, d’où le nom pris par la nouvelle organisation de Congrès syro-palestinien17. Une tendance menée par Rida, vice-président, et suivie par Hajj Amin rejette dorénavant les Hachémites.
En Palestine, l’anniversaire de la déclaration Balfour inquiète les Britanniques. Le jour dit, le 2 novembre, les magasins juifs et arabes ferment. Selon le correspondant de l’Alliance israélite universelle18 : « Vers 10 heures, des groupes de malandrins au nombre de cent cinquante, armés de bâtons et de couteaux, l’attitude menaçante, parcoururent la rue principale de Jérusalem au cri de : La Palestine est à nous, les Juifs sont nos chiens, la loi de Mahomet, c’est la loi de l’épée et le gouvernement n’est que vanité, et en lançant des pierres aux fenêtres des principaux établissement juifs. ». Il y eut 38 blessés (27 Juifs, 8 musulmans, 1 chrétien) et 8 morts (5 fuifs et 3 musulmans). Toutefois comme le remarque Henry Laurens, l’émeute a été contenue, la police a fait son travail de façon impartiale, ce dont se félicitent les Britanniques. Mais surtout, les notables, Hajj Amin Hal-Husseini le premier, ont tout fait pour arrêter les troubles. Toujours à propos de la réaction d’Hajj Amin le correspondant de l’Alliance poursuit : « Une délégation de notable musulmans ayant à sa tête le Mufti a été reçue par le Haut-Commissaire. Elle lui a donné l’assurance qu’aucun musulman n’approuve les actes odieux du 2 novembre, qui sont imputables à des gens sans aveu : la religion musulmane condamne expressément des violences de ce genre. »
La double fonction octroyée à Hajj Amin par les Britanniques et la concentration de pouvoir qui en découle a exacerbé les tensions entre les différentes familles de notables. Une opposition au mufti n’a pas tardé à émerger. Quelques puissants notables prennent leurs distances avec les organes officiels du mouvement national. Une association nationale musulmane, soutenue entre autres, par les puissantes familles al-Fahum de Nazareth et Nashashibi voit le jour. Cette association reçoit une aide financière des sionistes afin de contrer le clan Husseini19. En novembre 1923, l’opposition au mufti quitte les rangs de l’Exécutif arabe pour fonder un parti national arabe palestinien sous la direction du cheikh al-Taji al-Farouki20. Pour rappel, l’exécutif arabe est une émanation du IIIe congrès des associations islamo-chrétiennes. Il se veut l’organe représentatif de la population palestinienne et a pour président Mousa Kazem al-Husseini.
La situation générale en Palestine de 1922 à 1929 est plutôt calme, du moins sans incident majeur comme ceux de 1921. Le Yichouv s’accroît et se consolide. En 1925, pour la première fois, l’immigration juive en Palestine est la plus importante, dépassant celle à destination des Etats-Unis21. Tel-Aviv explose, de 2000 habitants en 1920 à 40000 milles en 192922. L’Université hébraïque de Jérusalem sur le mont Scopus est inaugurée le 1er avril 1925.
De leur côté une grande partie des arabes refusent de participer au conseil législatif voulu par les Anglais. Ce dernier ne verra pas le jour. Un pareil refus est adressé aux autorités mandataires lorsque ces dernières évoquent l’éventuelle création d’une Agence arabe, pendant de l’Agence juive.
L’année 1929 voit s’amonceler des nuages sombres au-dessus du Mur des Lamentations. Pendant la plus grande partie de l’époque ottomane, la venue des pèlerins juifs n’a pas posé de problèmes particuliers. Les tentatives d’Edmond de Rothschild d’acquérir le Mur et ses environs ont changé la donne. L’inquiétude s’est renforcée avec la tentative sioniste d’en faire l’acquisition en 191823.
Le 23 septembre 1928 des juifs apportent un écran ou paravent pour séparer les hommes des femmes. Suite à des protestations musulmanes, la police intervient. Chacune des deux parties transmet son point de vue aux autorités mandataires. Un mémorandum du gouvernement britannique est publié fin novembre 1928. Il prévoit le maintien du statu quo. Cette position apaise les musulmans qui y voient la reconnaissance de leurs thèses. Cependant les tensions sont vites réanimées et les Britanniques sont acculés de toutes part afin de définir le statu quo. Les musulmans ont le droit d’entreprendre des travaux dans l’ensemble du secteur contesté à condition de ne pas troubler les prières des Juifs. L’utilisation d’objets rituels (rouleaux de la Loi, livres de prières, bassins d’ablutions, etc.) est légitime. En revanche, des objets comme les bancs ou les paravents sont soumis à l’autorisation préalable des autorités musulmanes24.
Par un malheureux hasard du calendrier, au 15 août 1929, célébration de la destruction du Temple de Jérusalem, succède le 16 août, anniversaire de la naissance du Prophète. Chacune des deux fêtes est l’occasion de manifestations nationalistes. De nombreuses rixes éclatent le 17 août dans différents quartiers de Jérusalem. Le 18, des rumeurs font état d’un massacre imminent des juifs par les musulmans et la prise d’assaut du Haram par les Juifs.
Le vendredi 23 août, beaucoup de musulmans se rendent à la prière munis de bâtons et de couteaux. Des agressions contre des passants juifs ont lieu. La police britannique demande à Hajj Amin d’intervenir. Ce dernier demande un renforcement du dispositif policier et donne comme consigne au prédicateur de faire un sermon pacifique. Des extrémistes s’adressent à la foule, accusant Hajj Amin d’être infidèle à la cause musulmane25. Une fois sorti du Haram, les musulmans se lancent à l’assaut des quartiers juifs. S’ensuivirent de véritables carnages en de nombreux endroits. L’événement le plus sanglant se situe à Hébron. 67 morts juifs, dont 12 femmes et 3 enfants de moins de cinq ans. Dans l’ensemble, 133 Juifs et 116 Arabes perdirent la vie au cours de cette semaine de troubles26. Certains observateurs ont cru voir un mouvement organisé par le mufti et l’ont accusé d’avoir tenté par des émissaires secrets, de généraliser la révolte arabe à l’ensemble du pays. Dans les rapports consulaires, cette thèse du complot est abandonnée dès la fin août. Le consulat de France pense que les causes profondes sont politiques et non religieuses27. Pour Georges Bensoussan28 il n’est pas anodin que certains sionistes préfèrent y voir les violences d’individus isolés manipulés par des chefs réactionnaires dont le mufti. Raisonner autrement c’est admettre qu’il existe un droit arabe sur la Palestine. Selon Derogy et Carmel29, Hajj Amin aurait répandu des bruits sur des attaques juives contres des arabes. En ce tragique vendredi 23 août, c’est lui qui aurait harangué la foule. Il est triste de constater que quand ces deux auteurs évoquent le total des morts, ils ne mentionnent pas les morts arabes, n’évoquant que les 133 juifs décédés violemment. Pour Walter Laqueur30, la responsabilité du mufti ne fait aucun doute. Cela va tellement de soi qu’il ne se sent pas obligé d’étayer son accusation ou de citer une quelconque source. Selon Yakov M. Rabkin31, le massacre d’Hébron serait la réponse arabe à la campagne d’appropriation du Mur des lamentations qu’il assimile à une provocation.
Le gouvernement britannique institua une commission d’enquête dirigée par Walter Shaw. A propos du mufti il est dit qu’il doit être déchargé des accusations de complicité et d’incitations aux troubles qui pèsent contre lui32. Qui plus est, les pires violences ont eu lieu à Hébron, Safed, Haïfa et Jaffa, où ses adversaires politiques dominent. Il est toutefois à signaler que, devant cette commission, le mufti prétendit que les Juifs avaient attaqué les Arabes en se référant, à titre de preuve, aux Protocoles des Sages de Sion…
Ces émeutes de 1929 constituent un tournant dans les relations arabo-juives, en Palestine et à l’étranger. Au combat pour la terre s’ajoute celui pour les symboles et mythes religieux 33.
Du côté britannique, ces violences remettent en question la viabilité du mandat. Horatio St John Philby se propose comme médiateur. Il fait la navette entre le mufti et Judah Magnes, président de l’Université hébraïque. Il en sort un projet d’accord selon lequel la Palestine serait gouvernée par un Conseil législatif et un Conseil des ministres où Juifs et Arabes seraient représentés en proportion de leur nombre dans la population totale34. Malheureusement l’administration anglaise est furieuse d’une initiative prise sans son consentement. Du côté sioniste l’on s’en tient au refus d’un gouvernement représentatif.
Une délégation arabe comprenant le mufti se rend à Londres. Les Britanniques n’iront pas plus loin que la formation d’une Agence Arabe. L’évocation d’un Parlement élu démocratiquement par la délégation arabe surprend le secrétaire d’Etat. Il n’a jamais été question de reconnaître de tels droits aux Arabes35.
En 1931 le mufti convoque un congrès islamique à Jérusalem. Hajj Amin comprit l’intérêt de donner une tournure panislamique au combat pour la Palestine.
Las des querelles stériles entre Husseini et Nashashibi, les mouvements de jeunesse en Palestine se fédèrent. Ils forment un parti, l’Istiqlal (indépendance). Ces derniers accusent Hajj Amin d’être timoré et trop compromis avec les Britanniques36. Ce parti lance un mouvement de non-coopération et de désobéissance civile. Les autres forces politiques sont contraintes de s’aligner sur les positions des radicaux. Hajj Amin montre symboliquement sa participation au boycott en n’invitant aucun fonctionnaire britannique pour la Nabi Musa de 193337.
Le discours et les actes de l’Istiqlal se radicalisent encore. De la non-coopération on en vient à la lutte contre l’immigration juive. L’exécutif arabe doit suivre la tendance, il en appelle à une grève générale. Une manifestation est organisée le 13 octobre 1933. Il y a peu d’affluence, quelques débordements ont lieu. Le haut-commissaire se félicite de ses bonnes relations avec le mufti. Grâce à celles-ci, le conseil islamique suprême n’a pas appelé à participer à la manifestation38.
Le 26 mars 1934, Musa Kazim al-Husseini décède à l’âge de 83 ans. Les rivalités entre Nashashibi et Husseini doublées de la surenchère nationaliste de l’Istiqlal compromettent la continuité au sein de l’exécutif arabe.
Du côté juif, Ben Gourion est satisfait de la montée en puissance du foyer national juif. Il pense qu’il est maintenant possible d’obtenir un accord avec les arabes sur la base du fait accompli. Une rencontre a lieu avec Musa al-Alami à Jérusalem le 20 mars 1934. Lors d’un deuxième entretien, ce dernier lui propose de rencontrer le mufti. Ben Gourion veut d’abord obtenir l’aval de l’exécutif de l’Agence juive. Entre temps, Musa Al-Ami lui remet un véritable questionnaire sur les intentions juives pour la Palestine rédigé par Hajj Amin.
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À la réception des réponses, Hajj Amin se serait montré surpris et enthousiaste ; un accord semble envisageable39. D’autres rencontres ont lieu entre Ben Gourion et des nationalistes arabes. Une fois ces dernières éventées par Ben Gourion, les nationalistes arabes apportent leurs versions des faits. Ils sont épouvantés par les trois revendications énoncées par ce dirigeant sioniste : Liberté totale d’immigration, intégration de la Transjordanie et constitution de l’Etat juif. Cela correspond exactement aux trois points auxquels les sionistes avaient renoncé en acceptant le Livre blanc de 192240.
L’année 1934 marque aussi la création du Parti de la défense nationale sous patronage Nashashibi. La réponse des Husseini ne tarde pas puisque début 1935 ils créent le Parti arabe palestinien. Suivant la tendance, Hussein al-Khalidi se dote de son propre parti, le Parti de la réforme. Dernier né, le Bloc national représente les intérêts des notables de Naplouse.
En 1935 meurt une figure du nationalisme palestinien, Ezzedine Al-Qassam. Né en 1882 dans la région de Lattaquié, il a combattu les Français avant de se réfugier en Palestine. Ezzedine commence par former des cellules secrètes destinées à renverser le mandat britannique et ainsi mettre fin au mouvement sioniste. En 1929 Al Qassam est président de la Société musulmane de Haïfa et principal prédicateur de la ville. Dès 1931-1932 son groupe lance des attaques contre des colonies juives. Il envoie un émissaire porter un message au mufti41 : « Le moment de lancer la révolution est arrivé. Je déclenche la lutte armée dans le Nord, faites de même dans le Sud. » Le mufti répond : « Moi, je recherche une solution politique ». Al Qassam meurt dans le maquis, les armes à la main, le 20 novembre 1935. Nashashibi comme Husseini ne tarissent pas d’éloge à son égard.
La montée de la colère préoccupe l’administration britannique. Le haut-commissaire se décide à faire des propositions définitives en ce qui concerne l’assemblée. Son projet est de former une assemblée de 28 membres composée de 5 fonctionnaires, 11 personnalités nommées (dont 4 juifs et 3 musulmans) et 12 élus (dont 8 musulmans et 3 juifs)42. Les juifs, par la voix de Weizmann répondent par un refus. La réponse de la jeunesse arabe est aussi négative car une réponse positive implique la reconnaissance de la charte du mandat. Husseini comme Nashashibi y sont plutôt favorables sous réserve d’amendement. Weizmann fait pression sur des amis politiciens à Londres ; la proposition d’assemblée pour la Palestine fera l’objet d’un débat parlementaire43. Le débat a lieu le 24 mars. Churchill entame un réquisitoire. Le gouvernement britannique est obligé de retirer la proposition. La déception et la colère se retrouvent dans tous les milieux arabes. Une démarche collective est entamée, les partis politiques arabe demandent sans délai l’établissement du conseil législatif. Faute de quoi, les Arabes se déclareront en rébellion (31 mars 1936)44.
Le 15 avril 1936 un autobus est intercepté par des Arabes sur la route de Naplouse à Jaffa. Trois passagers juifs sont assassinés. Le 18 avril, deux Arabes sont assassinés, certainement par des membres de la Haganah-Bet. Il n’en faut pas plus pour que le pays s’embrase. Dans la nuit du 19 au 20 avril, une réunion des dirigeants nationaux a lieu, l’on s’accorde sur une grève générale de quatre jours45. Elle durera en fait jusqu’à la mi-octobre. Malheureusement elle n’eut pas l’effet escompté. Loin d’affaiblir le yishouv, elle accroît l’autonomie économique de ce dernier. Au 21 avril, l’on compte déjà 20 morts (dont 16 juifs) et 160 blessés. Le haut-commissaire somme les responsables arabes de calmer les esprits. Hajj Amin jongle entre la coopération avec les autorités et la direction du mouvement national. Le conseil islamique suprême dément que des Arabes aient été assassinés par des Juifs à Jérusalem. Le prêche du vendredi 24 avril, organisé par Hajj Amin, est exempt de toute connotation politique. Au grand mécontentement de la population, le mufti refuse de prendre la parole46.
Un Haut-Comité arabe est constitué le 25 avril 1936. Il regroupe toutes les tendances palestiniennes. Hajj Amin en est le président. Il est composé, notamment, de deux membres de l’Istiqlal, deux chrétiens ainsi que de Raghib al-Nashashibi et Hussein al-Khalidi. Hajj Amin envoie au haut-commissaire les desiderata du Haut-Comité : Interdiction de l’immigration juive, des transferts fonciers, création d’un gouvernement national représentatif.
Le passage du mufti dans l’opposition ouverte inquiète fortement le haut-commissaire Wauchope. Il a peur que Hajj Amin soit débordé par les extrémistes. Certains lui conseillent de déporter le mufti hors de Palestine. Il refuse et préfère essayer de renouer contact avec la classe politique arabe tout en ne cédant rien sur l’essentiel. De son côté, par peur de se faire interdire par les Britanniques, le Haut Comité arabe se tient ostensiblement à l’écart de la violence. Il est même conduit à condamner certains actes de terrorisme frappant des femmes et des enfants47. Le Mufti abandonne toutefois son rôle d’intermédiaire au profit de celui de chef révolutionnaire. La relation qu’entretient le mufti avec les extrémistes reste complexe. Il est dur de déterminer s’il les dirige, ce qui semble peu probable, les soutient, où est leur otage politique 48.
La « révolte de 1936 » marque un autre tournant : L’implication des autres Etats arabes. Nuri Saïd, ministre des Affaires étrangères d’Irak se propose comme médiateur. Le Haut comité arabe souhaite que Ibn Saoud joue ce rôle. La fin de la grève est décrétée, le 15 octobre, « à la demande des souverains arabes ». Durant cette période, il y aura eu au total 314 morts et 1337 blessés.
Le 29 octobre le haut commissaire annonce l’arrivée de la commission royale pour le 11 novembre. Cette dernière est chargée d’analyser les troubles qui sont survenus et de proposer des changements pour y remédier. Son président est Lord Peel. De prime abord, le Haut Comité arabe refuse de participer aux auditions. Une délégation se rend en Irak puis en Arabie Saoudite pour en discuter. À son retour, le Haut Comité Arabe annonce qu’il se rendra devant la commission royale.
Dès la fin mai 1937, la tension redevient perceptible au fur à mesure que l’on se rapproche de la publication du rapport de la commission. Une opposition forte déchire le Haut Comité arabe entre Husseini et Nashashibi. La fracture se situe au niveau de l’acceptation de la solution du partage ou de la cantonalisation, thèmes qui sont maintenant abordés ouvertement. Le 4 juillet 1937, les Nashashibi se retirent du Haut Comité arabe.
Le rapport est publié le 7 juillet 1937. La conclusion générale montre que le conflit est inhérent à la nature même du mandat et s’intensifiera avec le temps en raison de la radicalisation croissante des nationalismes rivaux. L’indépendance croissante des États arabes du Proche-Orient rendra toujours plus insupportable la situation des Arabes de Palestine, tandis que l’aggravation de la situation des Juifs d’Europe ne pourra que déboucher sur une demande d’émigration toujours plus forte vers la Palestine. Le partage constitue la dernière chance de solution49. Un transfert de population est envisagé.
Le Haut Comité arabe rejette immédiatement le plan de partage. Ce dernier constitue un puissant démenti à toutes les promesses de l’administration britannique faites aux Arabes (pas d’État juif, pas d’expropriation, pas d’expulsion de population). Du côté sioniste, la question est débattue âprement au vingtième congrès sioniste en août 1937. Pour Ben Gourion, Shertok, Weizmann et quelques autres il faut accepter le partage, notamment par prudence tactique. De nombreux autres dirigeants s’y opposent. Jusqu’à la veille de la guerre, le camp du refus du partage reste majoritaire dans le Yishouv50.
La violence reste présente toute l’année 1937 et durera avec plus ou moins d’intensité jusqu’en septembre 1939. En 1937 les rebelles lancèrent en tout quelque 438 attaques : 109 contre les forces de police et militaires britanniques, 143 contre des implantations juives et 109 contre des maisons arabes51. La rivalité entre notables monte encore d’un cran, des partisans Nashashibi sont assassinés par des Husseini52. Selon Michel Abitbol53, Hajj Amin fit assassiner deux sympathisants de Brit Shalom (Fawzi Darwish al-Husayni et Fahmi Taha) qui se disaient en faveur d’un Etat binational judéo-arabe.
Un congrès panarabe s’ouvre à Bludan le 8 septembre 1937. Le mufti, absent, y est acclamé par les délégués qui reprennent à leur compte son progamme. Les revendications politiques sont l’arrêt de l’immigration juive, l’abolition de la déclaration Balfour et le rejet du plan de partage et de la constitution d’un État juif54.
Le 26 septembre 1937, le district commissioner de Galilée, Andrews, est assassiné par des membres de la mouvance du groupe Al-Qassam. Hajj Amin et le Haut Comité arabe condamnent l’attentat. Les responsables britanniques sont toutefois persuadés de sa responsabilité, tout du moins morale. Le 1er octobre, le Haut Comité arabe est déclaré illégal et Hajj Amin se voit destitué de toutes ses fonctions. Le mufti qui s’était réfugié au Haram al-Sharif réussi à s’enfuir à destination de la Syrie dans la nuit du 13 au 14 octobre. Il est toutefois intercepté par la police française au Liban et mis en résidence surveillée à Zouk.
Une énième commission (Woodhead) est mise en place par les Britanniques pour étudier la faisabilité du plan de partage proposé par la commission Peel. Londres annonce, le 9 novembre 1938 que le partage est irréalisable. Une conférence, à Londres réunissant les divers protagonistes est annoncée. Fin décembre 1938, l’Arabie Saoudite, l’Irak, l’Egypte, le Yémen et la Transjordanie ont annoncé leur accord pour participer à la future conférence. La question de la représentativité palestinienne se pose puisque les Britanniques ne veulent pas du mufti alors que les arabes le reconnaissent comme le leader palestinien. Le mufti ne s’y rendra pas cependant : c’est sa position qui sera exprimée par le truchement de Jamal al-Husseini à qui l’on a confié la présidence de la délégation. La conférence s’ouvre le 7 février 1939 au palais Saint-James. La grande majorité des délégués arabes palestiniens avait rencontré des interlocuteurs sionistes de haut niveau les années précédentes. Cette fois, ils refusent toute prise de contact55. Le 15 mars 1939 MacDonald annonce aux deux délégations les propositions définitives. Une immigration de 75000 personnes sur cinq ans, la limitation des transferts fonciers, et des mesures de gouvernement autonome débouchant dans un délai de dix ans sur un Etat palestinien indépendant. Le livre blanc qui officialise cette prise de position est publié le 17 mai 1939. Le mufti accepte son contenu. Au sein du Yishouv c’est la colère qui prévaut. L’Irgoun continue sa politique d’attentats, notamment, contre des civils arabes.
Le 14 octobre 1939, le mufti s’enfuit pour l’Irak. Avec Rashid Ali al-Qaylani ils décident de rentrer en contact avec les puissances de l’Axe en envoyant en juillet 1940 un émissaire à l’ambassadeur allemand à Ankara, von Papen. Dans la lancée, afin d’obtenir des garanties allemandes sur la future indépendance des pays d’Arabe et d’Afrique, le mufti envoie son secrétaire en Allemagne au mois d’août 1940. En janvier 1941, Hajj Amin envoie directement une lettre à Hitler dans laquelle il évoque l’ensemble des griefs arabes contre la Grande-Bretagne56. Le 03 avril 1941, Rashid Ali al-Qaylani prend le pouvoir par un coup d’Etat. Il est soutenu par la France de Vichy qui laisse l’Allemagne utiliser ses aéroports au Levant pour faire transiter du matériel militaire aux Irakiens. Le 29 mai, les Britanniques sont aux portes de la Bagdad. Qaylani et Hajj Amin s’enfuient en Iran. Les 1er et 2 juin a le lieu le terrible massacre (Farhud) des juifs par la population de Bagdad, 179 morts seront recensés. Dans la foulée de l’invasion conjointe anglo-soviétique Hajj Amin s’enfuit d’Iran pour la Turquie. Le gouvernement lui refuse l’asile politique, il s’enfuit donc en Europe occupée.
Il est pris en charge par les Italiens qui l’emmènent à Rome. Le 27 octobre il est reçu par Mussolini. Il part ensuite pour l’Allemagne où il rencontre, le 20 novembre, Ribbentrop à Berlin. Ce dernier s’enquiert sur le discours qu’il veut tenir à Hitler auquel le mufti lui répond : « Nous souhaitons établir une coopération mutuelle en signant un traité avec l’Allemagne et ses alliés, dans lequel ils reconnaîtraient les droits à l’indépendance des Arabes et contribueraient à l’abrogation de la Déclaration Balfour 57». Le 28 novembre 1941 a lieu la première rencontre avec Hitler : il y en aura trois. Henry Laurens propose la version du mufti qui se base sur ses notes personnelle58 et celles du compte rendu officiel de l’entretien rédigées par l’interprète allemand Schmitt59. Les deux versions se recoupent. Selon Schmitt : « Les pays arabes étaient fermement convaincus que l’Allemagne gagnerait la guerre et que la cause arabe alors en profiterait. Les Arabes étaient les amis naturels de l’Allemagne parce qu’ils avaient les mêmes ennemis que l’Allemagne, à savoir : les Anglais, les Juifs et les communistes ». D’après les notes du mufti : « le malheur nous a réunis dans un même sort commun, tout comme un combat commun nous unit ». Il ressort de l’entretien que le mufti insiste pour obtenir une déclaration publique allemande en faveur de l’indépendance arabe. Hitler lui répond, en lui demandant de le garder pour lui, qu’une fois les divisions blindées et les escadrons aériens arrivés au sud du Caucase, l’appel public demandé par le grand mufti sera fait au monde arabe. La troisième rencontre a lieu au lendemain de Pearl Harbor. Hitler évoque la prétendue responsabilité juive dans la défaite allemande de 1914-18, le mufti approuve et affirme que le même rôle a été joué en Palestine. Il fait allusion à Sarah Aaronsohn et au réseau de renseignements pro-britanniques Nili. Selon les notes du mufti, Hitler poursuivi son réquisitoire contre les juifs auquel il aurait répondu : « Nous, Arabes, pensons que c’est le sionisme qui est à l’origine de tous ces sabotages et non pas les Juifs » auquel Hitler rétorqua : « Vous êtes un peuple sentimental »60.
Les Arabes obtiendront une déclaration de l’Allemagne et de l’Italie. Datée du 28 avril 1942, elle contient une promesse allemande ou italienne (les deux déclarations sont séparées) d’aider les Arabes, de reconnaître leur indépendance et que ces puissances acceptent la destruction du Foyer national juif.
Comme évoqué dans l’introduction de ce texte, l’Alliance du mufti avec les puissances de l’Axe a suscité de nombreuses polémiques. Citations et photographies à l’appui, certains ont tenté de défendre différentes thèses caricaturales : le mufti eut un rôle de premier plan dans l’exécution de la Shoah, l’islam mène naturellement au nazisme etc. Robert Fisk61 qui ne défend pourtant aucune de ces positions apporte un éclairage qui met à mal le récit des mémoires du mufti. Les archives du service d’écoutes de la BBC recèlent diverses transcriptions d’émissions radios nazies dont des allocutions du mufti. Ainsi le 2 novembre 1943 à Berlin : « Les Allemands savent comment se débarrasser des Juifs […]. Ils ont définitivement résolu le problème juif ». Et à la radio de Berlin, le 1er mars 1944 : « Arabes, levez-vous tous ensemble et luttez pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Vous ferez plaisir à Dieu, à l’Histoire et la Religion ». À la question de savoir si Hajj amin était au courant de l’holocauste, Fisk cite Zvi Elpeleg62, l’un des biographes du mufti : « ses contacts étroits et fréquents avec les leaders du régime nazi ne pouvait lui laisser aucun doute quant au sort réservé aux Juifs dont il s’était efforcé d’empêcher l’immigration ». Henry Laurens qui traite de ce passage controversé de la vie du mufti dans trois ouvrages n’évoque pas ces archives d’écoutes de la BBC. Selon lui, tout comme Hajj Amin a fait des propositions de services à la France lors de son séjour au Liban, son rapprochement avec l’Allemagne n’est que le fruit du pragmatisme. À son arrivée en Allemagne il semble fort probable qu’il n’était pas au courant de ce qui ce passait alors. La solution finale venait de débuter, les Alliés de l’Allemagne n’en ont été informés qu’indirectement, au printemps 1942 ; pour Mussolini début de l’année, pour les Bulgares, en juin 194263. Selon les mémoires du mufti cités par Laurens64, il en aurait eu vent d’une manière explicite par Himmler lors d’un des entretiens qu’ils ont eus été 1943. Himmler aurait affirmé : « Nous en avons déjà exterminé près de trois millions. » le mufti poursuit le récit par : « ce chiffre me surprit. Je n’avais rien entendu à ce sujet auparavant. Himmler me demanda à l’occasion »: « comment escomptez-vous régler la question juive dans votre pays ? » « Je lui répondis » : « Tout ce que nous voulons d’eux c’est qu’ils rentrent dans leurs pays d’origine » Il répliqua : « Nous ne les autoriserons jamais à retourner en Allemagne ».
En ce qui concerne les actions concrète du mufti, Laurens65 évoque la levée de quelques centaines d ’« Arabes libres » pour combattre l’armée anglaise, une action de propagande musulmane, en particulier dans les Balkans (Bosnie), et une activité de lobbying auprès des alliés de l’Allemagne pour leur demander d’interdire toute immigration juive en Palestine. À ce propos, Laurens rappelle que la Grande-Bretagne et les États-Unis se sont opposés à toute sortie massive de juifs d’Europe, non seulement à destination de la Palestine, mais aussi vers le continent américain alors que les possibilités de transports existaient66. Le mufti tenta aussi, sans succès, de soulever les Arabes palestiniens contre les Britanniques. Les nationalistes restés sur place se tournèrent plutôt vers les Américains.

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Une fois la débâcle allemande, le mufti chercha à se réfugier en Suisse. Les autorités helvétiques le renvoient en Allemagne où il se livre à l’armée française le 5 mai 1945. Une protestation du « comité hébreu des nations libérées » est envoyée à De Gaulle. Cette organisation sioniste américaine proche de l’Irgoun adresse différents griefs contre le mufti. Il est dénoncé comme l’un des principaux criminels de guerre, responsable d’une division SS musulmane en Yougoslavie, de l’extermination de juifs en Tchécoslovaquie et en Grèce et du coup d’Etat contre les Alliés en Irak en 194167. Le mufti arrive à Paris le 19 mai où il est confié à la police judiciaire. Rapidement les Britanniques demandent qu’il soit remis au commandement interallié (SHAEF). Les Français refusent diplomatiquement. Le 26 juin un responsable du Quai d’Orsay rend visite au prisonnier. Tout comme pendant son séjour au Liban, Hajj Amin propose un accord entre la France et les pays arabes. Henry Ponsot, ancien Haut Commissaire est désigné par le Quai d’Orsay comme interlocuteur pour discuter avec l’exilé. Lors de leurs discussions, Hajj Amin réaffirme la confiance qu’il a envers la France et qu’une collaboration peut s’établir.
Au cours du mois de juillet, le gouvernement yougoslave fait savoir qu’il a porté le nom d’Hajj Amin sur la liste des criminels de guerre recherchés. Le mufti marque sa surprise devant Poncot et affirme que jamais les musulmans n’ont pris position contre les partisans de Tito et que le massacre était l’œuvre du général Mikhailovitch. La question sera encore abordée lors d’un entretien avec Massignon le 14 août 1945. Le mufti se renseigne auprès de lui pour savoir si la Yougoslavie a précisé les griefs contre lui. Massignon remarque que le gouvernement français n’a été informé de la demande yougoslave que par voie de presse et n’a reçu aucune communication officielle à ce sujet.
A la suite de ses demandes, le mufti obtient un assouplissement de ses conditions de détention, qui passent du statut de résidence forcée à celles de liberté surveillée. En octobre, il est transféré dans une villa à Bougival. Les Britanniques demandent par écrit que le Mufti leur soit remis sans délai. Ils appuyent leur décision sur le fait que le mufti est un ressortissant britannique ayant collaboré avec les Allemands. Les Français refusent. Pour les services juridiques du Quai d’Orsay le Grand Mufti ne peut être considéré comme « grand criminel » puisque la liste est close et qu’il s’agit de « ressortissants des puissances européennes de l’Axe », ce qui n’est pas le cas.
Fin 1945 il réaffirme sa volonté de se poser en médiateur entre la France et la Syrie. Il le justifie par la gratitude qu’il a envers la France pour l’avoir à deux reprises accueilli et protégé.
En janvier 1946 la France renforce sa sécurité par peur d’un attentat du groupe stern. La France réaffirme sa position à l’égard du mufti dans une note du ministère des affaires étrangères du 08 avril 1946. Il n’est pas question de l’extrader vers la Grande-Bretagne car il n’est pas inscrit sur la liste des criminels de guerre. Le chef des Frères musulmans, Hassan al-Banna, envoie une lettre de remerciement à l’ambassade de France en Egypte.
Un certain malaise se fait toutefois sentir parmi les autorités françaises. L’ambassadeur de France à Washington fait savoir au Quai d’Orsay que certains dirigeants sionistes, malgré leurs attachements à la France, ne pourrait s’empêcher de répondre aux sentiments d’indignation et de colère qui étreindront la majorité des juifs américains en apprenant que le mufti bénéficie de l’aide du gouvernement français. Cela s’ajoute aux complications des rapports franco-anglais et à la peur de voir la question de Palestine provoquer des répercussions au Maghreb.
C’est dans se contexte que l’évasion du mufti a lieu. Il semble clair que l’on a tout fait pour le pousser à partir, y compris des pressions psychologiques. Laurens évoque l’hypothèse qu’il ait été poussé à partir à partir d’informations, en provenance de la police, selon lesquelles il allait être livré dans les 24 heures aux Britanniques par Léon Blum. Selon le mufti, c’est une personnalité marocaine importante, qui, à la demande du Sultan, a organisé son évasion. Quoi qu’il en soit, le 20 juin 1946, on apprend qu’il a obtenu l’asile en Egypte.
En novembre 1946 le mufti reprend contact avec les Français de Beyrouth afin d’obtenir des livraisons clandestines d’armes pour les combattants palestiniens. Les Français répondent par une fin de non-recevoir. Jusqu’en 1950 il émettra diverses propositions à l’intention des Français. Comme par exemple provoquer un soulèvement contre Abdallah qui pourrait aboutir à un Etat indépendant allié ä Husni Zaïm68 soit à l’annexion pure et simple de toute la Jordanie à la Syrie.
En Palestine, la 2ème Guerre mondiale n’a pas atténué les rivalités entre les différentes familles de notables, bien au contraire. Le Parti arabe palestinien des Husseini cherche à rétablir l’hégémonie politique des partisans du mufti. De leur côté les anciens istiqlalistes sont prêt à passer des alliances avec les Nashashibi en perte de vitesse. Il est à noter aussi l’implantation des Frères musulmans en Palestine par le truchement de Saïd Ramadan, proche d’Hassan al-Banna fondateur du mouvement. Ce dernier avait entretenu des relations cordiales avec Hajj Amin et avait fait de la cause palestinienne l’un des thèmes centraux de sa propagande politique. La ligue arabe qui vient de voir le jour réussit à imposer la renaissance du Haut Comité arabe composé de représentants des principaux partis politiques arabes. Une scission aura lieu quelque mois plus tard quand Jamal al-Husseini exigera la majorité des sièges au sein du Haut Comité arabe.
Le rapport de la commission anglo-américaine déclenche l’ire arabe. Il est prévu l’abolition du Livre blanc et une formule binationale même si cela n’est pas annoncé explicitement. La ligue arabe organise à Inchass en Egypte (27-28 mai) puis à Bludan en Syrie (8-12 juin) des réunions interarabes. On y évoque des éventuelles sanctions contre les intérêts économiques américains et britanniques. On y décide aussi la représentation politique palestinienne par la désignation d’un nouvel exécutif. Hajj Amin (absent) en est le président, Jamal, le vice-président, Hussein al-Khalidi en est le secrétaire et Hilmi Pacha et Emile al-Ghuri sont membres69.
Dans le cadre de la venue de la commission spéciale de l’ONU (UNSCOP) des tensions se font sentir entre les Arabes de Palestine et les gouvernements arabes. Ces derniers jugent suicidaires la volonté des Arabes de Palestine de ne pas participer aux débats. Dans ce contexte, le chef du principal syndicat arabe, Samir Taha, sera assassiné au mois de septembre. L’opinion commune imputera ce crime à Hajj Amin70.
La commission présente deux plans possibles. Les sionistes se rallient avec joie au rapport de la majorité, c'est-à-dire un partage avec union économique, la ville de Jérusalem étant internationalisée. Ils expriment toutefois des réserves sur la non-inclusion dans l’Etat juif de la Galilée occidentale et de Jérusalem. Les réactions arabes sont unanimement négatives, les deux rapports sont considérés comme injuste et l’on parle ouvertement de prendre les armes. Le 1er septembre 1947 des émissaires envoyé par le Haut-Commissaire Cunningham sont venus sondés le mufti dans son exil cairote. Il affirme que le partage est injuste et qu’il ne contentera pas les sionistes. Il cite Weizmann, qui en 1922 ne voulait pas d’un Etat juif, en 1937 approuvait le partage, et en 1942 (Biltmore) revendiquait la totalité du pays71. Le mufti tentera de reprendre contact avec les Britanniques pour leur expliquer qu’il est prêt à s’entendre avec eux s’ils ne soutiennent pas les sionistes, mais les intéressés feront la sourde oreille.
Le 20 septembre, les Britanniques annoncent qu’ils évacueront la Palestine mettant ainsi les parties intéressées au pied du mur. Les Britanniques sont prêts à collaborer à toute décision acceptée à la fois par les Juifs et les Arabes. En cas d’absence d’accord, l’armée et l’administration britanniques se retireront unilatéralement.
Hajj Amin parle ouvertement de lancer la guerre contre les Juifs. Il se méfie de la décision de la Ligue arabe d’établir un comité militaire sous la direction d’un général irakien, Isma’il Safwat. Le commandement de cette armée de volontaires arabes (armée de secours) sera confié à Fawzi al-Qawudji. Ce dernier nourri une forte animosité, partagée, à l’égard du mufti.
De son côté, le mufti emploi toute son énergie à la constitution de sa propre milice, al-jihad al-muqaddas, dont le commandement est confié à son cousin Abd al-Qadir al-Husseini.
Le 29 novembre 1947 le plan de partage de la Palestine est approuvé par l’Assemblée générale. La violence arabe se propage de manière spontanée. La colère devant le partage a été le premier moteur de l’action, ensuite, les représailles juives, loin d’être dissuasives, ont au contraire multiplié les foyers de violences72.
Le Conseil de la Ligue arabe se réuni au Caire du 08 au 17 décembre 1947. Il n’est toujours pas prévu une intervention des armées régulières arabes. Hajj Amin qui échoue à se faire considérer comme le futur chef de l’Etat palestinien partage aussi cette position.
Le jihad al-muqaddas, milice du mufti, a été officiellement formé le 25 décembre. Le mufti choisi comme insigne un badge sur lequel étaient représentés les lieux saints chrétiens et musulmans, le dôme du Rocher et l’église du Saint-Sépulcre73.
Au début avril 1948 Abd al-Qadir al-Husseini est tué pendant l’opération juive Nashon qui consistait à réouvrir la route de Jérusalem. Le commandement du jihad al-muqaddas passe à Khalid al-Husseini.
A l’heure de l’entrée des armées arabe en Palestine après le 15 mai 1948, le question de Palestine est loin de faire l’unanimité parmi les capitales arabes. La perspective d’annexion du territoire dévolu à la Palestine par la Jordanie ne réjouis guerre les autres Etats arabes. La création d’un Etat palestinien sous la houlette du mufti ne suscite guère plus d’enthousiasme.
La peur d’une annexion Jordanienne pousse l’Egypte à constituer un gouvernement palestinien. Jamal al-Husseini fait le tour des capitales arabes. Il est entendu qu’Hajj Amin n’aura pas de responsabilité officielle. Un congrès arabe palestinien est convoqué à Gaza pour le 23 septembre. Le congrès proclame l’indépendance de la Palestine est la formation d’un gouvernement. Le 30 septembre, le nouveau gouvernement réunit à Gaza une assemblée constituante. A l’unanimité, elle élit Hajj Amin al-Husseini, qui s’est rendu à Gaza sans y avoir été autorisé par les Egyptiens, comme président74.


Abdallah réplique en réunissant à Amman, le 02 octobre, un congrès palestinien qui désavoue les décisions prises à Gaza.
A cause de l’opération israélienne Yoav75, le gouvernement de toute la Palestine a été évacué de Gaza par les Egyptiens, ce qui va porter un coup terrible à sa crédibilité, car il ne sera plus qu’un gouvernement en exil. Hajj Amin al-Husseini est mis en résidence surveillée par les Egyptiens au Caire. Les bureaux du gouvernement de toute la Palestine seront définitivement fermés par Nasser en 1959.
Au sortir de la première guerre israélo-arabe Hajj Amin n’occupe plus le devant de la scène. Le sort de la Palestine se discute entre les Etats arabes et le reste de la communauté internationale. A ce sujet, la commission de conciliation, établit au sortir de la guerre rabaisse le niveau de représentativité du Haut Comité arabe à celui d’une organisation non gouvernementale qu’elle est prête à recevoir à Jérusalem ou à Beyrouth avec les organisations représentant les réfugiés. Jusqu’à sa mort en 1974 la figure du mufti réapparaît toutefois à diverses occasions.
Le 20 juillet 1951 le souverain Abdallah est assassiné devant le Haram al-Sharif alors qu’il est venu prier avec son petit fils. Le meurtrier a appartenu au jihad al-muqaddas, milice du mufti pendant la première guerre israélo-arabe. Selon Henry Laurens, rien ne permet de remonter jusqu’à Hajj Amin. Une piste égyptienne semble vraisemblable76.
Une « conférence islamique pour la Palestine » à lieu à Jérusalem du 3 au 9 décembre 1953. Elle a le soutient des Frères musulmans et Sayid Qutb y participe. Le principal animateur est Saïd Ramadan qui s’est vu confier la direction du mouvement en Palestine-Jordanie. Un bureau permanent est crée. Les observateurs rapprochent la tenue du congrès, du retour sur la scène politique de Hajj Amin al-Husseini. L’émir Faysal d’Arabie Saoudite a obtenu des gouvernements syriens et libanais l’autorisation pour le mufti de se rendre dans leur pays77.
Hajj Amin participe à la conférence de Bandoeng (18-24 avril 1955) qui marque l’entrée sur la scène internationale des pays du tiers-monde.
Au moment où la République arabe unie est proclamée (fusion Egypte-Syrie 1958-1961) Hajj Amin tentat de convaincre Nasser de former un gouvernement palestinien autonome qui rejoindrait ensuite la RAU. Nasser refusa. En 1959 Hajj Amin repart pour son ultime exil au Liban.
Au début de 1960 alors que la question de Palestine fait l’objet d’une surenchère parmi les dirigeants arabe, le maître de l’Irak appelle à la formation d’un gouvernement palestinien en exil. Hajj Amin se rallie immédiatement à cette proposition. Il tente d’infléchir les positions arabes vers la création d’entité palestinienne chargée à la fois de représenter les Palestiniens où ils se trouvent et de libérer leur patrie78.
En 1961 a lieu le procès d’Adolf Eichmann. L’accusation tente de compromettre les Arabes dans l’extermination en insistant sur les liens supposés entre l’accusé et Hajj Amin al-Husseini, mais échoue dans cette voie (Eichmann reconnaît l’avoir rencontré qu’à l’occasion d’une réception)79.
La création de l’OLP en 1964 et sa reconnaissance par les pays arabe voit la fin de carrière politique du mufti80. Son premier président, Ahmed Choukeiry provoque l’ire d’Hajj Amin qui l’accuse d’avoir outrepassé la mission qui lui a été confiée par la Ligue arabe81.
A ce sujet, le mufti partageant une rancœur commune avec la Jordanie contre l’OLP, une réconciliation publique a lieu en mars 196782.
Il s’éteint d’une crise cardiaque le 04 juillet 1974. Les israéliens refusent qu’il soit enterré à Jérusalem. Ses funérailles ont lieu à Beyrouth.




1 Peter Novick, L’Holocauste dans la vie américaine, Gallimard, 2001, p.223.
2 La première occurrence est une lettre du mufti qu’il a envoyé au ministre des Affaires étrangères pour que ce dernier f asse tout son possible pour empêcher de nouvelles immigrations en Palestine. Il est cité une deuxième fois quand Raul Hilberg évoque l’immédiat après guerre. « Dans toutes les sessions de la Conférence juive américaine et dans ses commissions spéciales, aucune proposition ne recommanda l’inculpation d’un individu précis ou d’une catégorie d’individus, avec une exception néanmoins : l’ex mufti de Jérusalem ». Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Fayard, 119, p. 688 et 923.
3 Cité par Idith Zerthal in La nation et la mort, la Shoah dans le discours et la politique d’Israël, La Découverte, 2004 p. 243
4 Henry Laurens, La question de Palestine, tome premier 1799-1922, L’invention de la Terre sainte, Fayard, 2002, p. 426.
5 Société secrète fondée à Paris en 1911 par des jeunes étudiants arabes qui militent pour l’indépendance arabe.
6 Nadine Picaudou, Le mouvement national palestinien, genèse et structures, L’Harmattan, 1989, p.34
7Jacques Derogy & Hesi Carmel, le siècle d’Israël, Les secrets d’une épopée 1895-1995, Fayard, 1994, p. 222 et suivante.
8 demi-frère d’Hajj Amin et mufti à l’époque des événements.
9 Benny Morris, Victimes, histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Complexe, 2003, p.112 et suivante.
10 Henry Laurens, op, cité, p.508
11 Ibid.
12 Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, 2004
13 Collectif, La guerre de Palestine 1948. Derrière le mythe, Autrement, 2002, p. 24
14 Nadine Picaudou, Les Palestiniens. Un siècle d’histoire, Complexe, 2003, p. 73
15 Henry Laurens, op. cité, p.561
16 ibid. page 568
17 ibid. page 586
18 ibid page 588
19 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.43
20 Nadine Picaudou, Les Palestiniens. Un siècle d’histoire, Complexe, 2003, p. 74
21 En 1924 Les Etats-Unis se sont fermés à l’immigration juive.
22 Tom Segev, C’était en Palestine au temps des coquelicots, Liana Levi, 2000, p. 286
23 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.157
24 ibid, page 164
25 ibid, page 172
26Benny Morris, op. cité, p. 133
27 ibid. page 176
28 Georges Bensoussan, Une histoire intellectuelle et politique du sionisme 1860-1940, Fayard, 2002, page 628
29 Jacques Derogy, Hesi Carmel, op. cité, p. 261 et suivante
30 Walter Laqueur, Histoire du sionisme, Calman-Lévy, 1973, p. 284
31 Yakov M. Rabkin, Au nom de la Torah, une histoire de l’opposition juive au sionisme, Université de Laval, 2004, p.130
32 Benny Morris, op. cité, p. 134
33 Michel Abitbol, Juifs et Arabes au XXe siècle, Perrin, 2007, p.100
34 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.186
35 ibid. p. 201
36 ibid p. 238
37 ibid. p. 246
38 ibid. p 260
39 ibid. p. 285
40 ibid. p. 287
41 Xavier Baron, Les Palestiniens. Genèse d’une nation, Seuil, 2003, p. 47
42 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.299
43 ibid, p. 302
44 ibid, p. 304
45 Benny Morris op. cité, p 148
46 ibid, p. 307
47 ibid, p. 318
48 ibid, p. 319 & Louis Denisty, Le grand mufti et le nationalisme palestinien. Hajj Amin al-Hussayni, la France et la Grande-Bretagne face à la révolte arabe de 1936-1939, L’Harmattan, 2006, p. 37
49 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.349
50 Georges Bensoussan, op. cité, p. 460-462
51 Benny Morris, op. cité, p. 164
52 ibid, p. 165
53 Michel Abitbol, op. cité, p. 113
54 Louis Denisty, op cité, p. 53
55 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.425
56 ibid, p. 459
57selon les mémoires du mufti citée par Henry Laurens, Le retour des exilés, la lutte pour la Palestine, de 1869 à 1997, Robert Laffont, 1998, p. 553
58 ibid, p. 554 et suivante
59 Henry Laurens, L’Orient arabe, arabisme et islamisme de 1978 à 1945, Armand Collin, 2002, p. 308-311
60 Henry Laurens, Le retour des exilés, la lutte pour la Palestine, de 1869 à 1997, Robert Laffont, 1998, p. 560
61 Robert Fisk, La grande guerre pour la civilisation, l’Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005), La Découverte, 2005, p. 393
62 Zvi Elpeleg, The Grand Mufti : Haj Amin al-Husseini, Founder of the Palestinian National Movement, Frank Cas, 1993, p. 53
63 Walter Laqueur, Le Terrifiant secret, la solution finale et l’information étouffée, Paris, Gallimard, 1981, p. 43-47. Cité par Henry Laurens, Le retour des exilés, la lutte pour la Palestine, de 1869 à 1997, Robert Laffont, 1998, p. 560
64 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.468
65 Henry Laurens, Le retour des exilés, la lutte pour la Palestine, de 1869 à 1997, Robert Laffont, 1998, p. 561
66 David S. Wyman, L’Abandon des Juifs. Les Américains et la Solution finale, Paris, Flammarion, 1987 cité par Henry Laurens, L’Orient arabe, arabisme et islamisme de 1978 à 1945, Armand Collin, 2002, p.311
67 Toutes les informations qui suivent sur le séjour français du mufti sont tirées de : Henry Laurens, Lendemains de guerre : le mufti de Jérusalem et la IVe République, Revue d’études Palestiniennes n°81, automne 2001, page 70-87
68 auteur d’un coup d’Etat en Syrie le 11 avril 1949. sa chute rapide porte un coup mortel aux grands projets d’Hajj Amin.
69 Henry Laurens, La question de Palestine, tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p.550
70 ibid, p. 582
71 ibid, p. 594
72 Henry Laurens, La question de Palestine, tome troisième 1947-1967, L’accomplissement des prophéties, Fayard, 2007, p. 44
73 Saïd K. Aburish, Les Enfants de Béthanie, L’histoire d’une famille palestinienne, Grasset, 1990 pp. 132-133 cité par Henry Laurens, La question de Palestine, tome troisième 1947-1967, L’accomplissement des prophéties, Fayard, 2007, p. 46
74 Henry Laurens, La question de Palestine, tome troisième 1947-1967, L’accomplissement des prophéties, Fayard, 2007, p. 167
75 Attaque des Egyptiens par l’armée israélienne qui s’enfonce dans le Neguev du 15 au 22 octobre 1948
76 Henry Laurens, La question de Palestine, tome troisième 1947-1967, L’accomplissement des prophéties, Fayard, 2007, p. 308
77 ibid. pp. 363-364
78ibid. p.558
79ibid. p. 566
80 Henry Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, Armand Collin, 2002, p. 226
81 Xavier Baron, Les Palestiniens. Genèse d’une nation, Seuil, 2003, p. 74
82 Henry Laurens, La question de Palestine, tome troisième 1947-1967, L’accomplissement des prophéties, Fayard, 2007, p. 694

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