EPSTEIN Simon - Les chemises jaunes

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EPSTEIN Simon - Les chemises jaunes

Message par L'Autre » ven. mars 27, 2009 3:04 pm

Les chemises jaunes - Chronique d'une extrême-droite raciste en Isräel
de Simon Epstein


Pendant les 4 années où il siégea à la Knesset, de 1984 à 1988, Meïr Kahane et son parti kach furent des marginaux, rejetés par l’ensemble de la classe politique israélienne. En conclusion de son étude (1990), Simon Epstein relève toutefois que la société israélienne subit de profondes transformations illustrées par la popularité du cri « Mort aux Arabes ». Presque vingt ans plus tard, c’est la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni qui s’est dite favorable à l’installation des Arabes israéliens dans un futur Etat palestinien. Que cette proposition, au relent « kahaniste », émane du chef du parti centriste Kadima est assez éclairant sur l’évolution de la société israélienne.

Simon Epstein ne se borne pas narrer l’histoire du Kach pendant ces quatre années. Il pose le problème plus large de la réaction appropriée d’une démocratie face aux idées extrémistes. Les parallèles entre le mouvement kach et le nazisme balbutiant ont suscité une polémique à la sortie de l’ouvrage en 1990. La même année que l’assassinat de Meïr Kahane. Simon Epstein place le Kach dans la filiation des partis fascistes de l’entre-deux guerres. A la différence de Zeev Sternhell, il se refuse à classer le parti du rabbin Kahane parmi les autres d’extrême-droite. La très courte argumentation qui soutient cette distinction n’est pas très probante.

C’est parmi les jeunes que s’exerce l’attrait le plus fort. Aussi, 42% des jeunes israéliens approuvent les positions de Kahane contre 58% qui les rejettent. La vague sanglante de terrorisme antijuif explique en grande partie la poussée du Kach en 1985. Simon Epstein rappelle que la majorité juive est plus touchée par le terrorisme, qui tue, que la minorité arabe ne l’est par le racisme, qui bat. Le rejet de la population se manifeste par de nombreuses et importantes contre-manifestations. Le mouvement a du mal à perdurer et rare seront les cas où, en 1987, des manifestants antiracistes en nombre suffisant viendront attaquer, voire seulement siffler Kahane et ses compagnons.

La classe politique n’est pas en reste dans la dénonciation du Kach, même si cela ne va pas sans une certaine hypocrisie. Le parti travailliste n’oublie pas que Meïr Kahane affaiblit son principal rival, le Likoud, en entamant son électorat Le Likoud est quand à lui tiraillé entre une dénonciation de principe et un rapprochement. Un quart des membres du Herout, la composante essentielle du Likoud est favorable à une coalition incluant les kahanistes.

En 1984, la Cour suprême avait autorisé le Kach à se présenter aux élections de la Knesset en arguant de l’absence de dispositions législatives définissant les cas dans lesquels un parti politique pouvait être exclu de la compétition électorale. Cela sera chose faite, en 1985, avec l’adoption du nouvel article 7a de la Loi fondamentale sur la Knesset qui limite le droit à participer aux élections législatives. Une autre loi réprimant le racisme sera voté un an plus tard.

Simon Epstein déplore les accommodements et les remaniements qui ont jalonné la mise en place de ces deux textes. Le Likoud a insisté pour établir une symétrie entre le racisme juif (Kach) et le nationalisme arabe (La liste progressive pour la paix. Quant à la loi contre le racisme, elle subira de nombreux remaniements qui lui feront perdre son âme au point que Meïr Kahane votera pour. Les choses rentreront dans l’ordre en 1988 avec l’interdiction du Kach alors que la liste progressive pour la paix est autorisée à se présenter.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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