COHEN Samy - Tsahal à l'épreuve du terrorisme

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COHEN Samy - Tsahal à l'épreuve du terrorisme

Message par L'Autre » ven. mai 29, 2009 8:17 pm

Tsahal à l'épreuve du terrorisme
de Samy Cohen


Depuis la naissance d’Israël, Tsahal fut impliqué dans de nombreuses guerres avec les pays arabes. Le pays subit aussi de nombreuses vagues de terrorisme. Samy Cohen retrace les différents temps fort de ces guerres de basse intensité ou guerres asymétriques et analyse leur gestion par les Forces de défense d’Israël. Comme il l’indique en introduction, il le fait en tant que chercheur qui cherche et non pas en militant qui défend une cause.

Samy cohen débute l’ouvrage par un approfondissement général du concept de guerre asymétrique. L’enjeu est essentiellement psychologique, ces guerres visent moins à détruire les forces de l’ennemi que son moral. Il évoque aussi le dilemme des démocraties devant ce genre de conflit ; respecter à la lettre le droit armé pose un problème de crédibilité vis à vis des groupes armés. A contrario, les régimes autoritaires peuvent sans problème se mettre au niveau de leurs ennemis. Cohen défend l’idée que la meilleure solution et ce qu’il appelle la « stratégie de la schizophrénie », la capacité des forces armées à se dédoubler. Une partie offensive contre les groupes armés et l’autre conciliatrice avec la population.

Contrairement à ce qui est souvent asséné, Tsahal n’a pas choisit délibérément la terreur, une politique de destruction et d’atrocités massives. Depuis soixante-ans, la doctrine qui se dégage est la « riposte disproportionnée ». Cohen y voit tout à la fois un complexe d’infériorité et de supériorité. C’est à dire que les Israéliens réagissent avec la brutalité du faible qui a peur pour son existence et avec les moyens du fort. Il déplore aussi un climat d’indifférence à la vie des civils arabes. Ainsi les auteurs du massacre de 49 villageois de Kfar Kassem en 1956 furent graciés par le président de l’Etat en 1959. Une sensibilité accrue à la vie des civils va caractériser les décennies 60 et 70 pour disparaître provisoirement (sic) avec la guerre du Liban.

Pour ce qui est du bombardement du campement de la FINUL à Kafr Cana en 1996, il est étonnant que Samy Cohen reprenne uniquement la version israélienne de « l’erreur » sans mentionner que l’enquête de l’ONU démontra que le bombardement était intentionnel.

A contrario de Amos Harel et Avi Isacharoff (1), Samy Cohen estime qu’évoquer une brutalisation de l’armée israélienne pendant la seconde Intifada n’est pas approprié. S’il faut évoquer une brutalisation, elle daterait de la première Intifada, période ou le comportement de certaines unités confinait à la sauvagerie. Il concède toutefois que lors de la deuxième Intifada, un cadre nouveau de normes, d’instructions écrites ou orales, s’est mis en place, beaucoup plus permissif que dans le passé.

(1) La septième guerre d'Israël : Comment nous avons gagné la guerre contre les Palestiniens et pourquoi nous l'avons perdue
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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