DAVIS C. - Esclaves chrétiens, maîtres musulmans

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DAVIS C. - Esclaves chrétiens, maîtres musulmans

Message par L'Autre » sam. juil. 10, 2010 4:21 pm

Esclaves chrétiens, maîtres musulmans - L'esclavage blanc en méditerranée (1500-1800)
de Robert C. Davis


A lire les nombreuses critiques positives du livre de Davis, il dévoilerait ici une page d’histoire au combien politiquement incorrect. L’esclavage blanc en méditerranée est, en effet, très peu abordé dans le débat public autour de l’esclavage. Il semble que cela provienne surtout du fait que, comparé à la traite atlantique, beaucoup moins d’études lui ont été consacrés . Il est donc forcément bien moins connu du grand public. De là a y voir une question de politiquement correct.. En tout cas, malgré certains propos qui semblent légers, l’entreprise menée par Davis est tout à fait louable. L’auteur présente l’esclavage blanc en méditerranée dans les mêmes termes que la traite atlantique mais il ne remet nullement en question l’abomination qu’elle représenta. Accusation qui a pourtant été lancée contre l’auteur.

Davis défend l’idée que c’est les motivations qui ont distingués dès le début l’esclavage transatlantique de celui en Méditerranée. Pour le premier, il s’agissait uniquement de motivations commerciales alors que pour le second il y avait des ressorts passionnels. C’est à dire qu’il y avait une dimension de revanche, presque de jihad (sic), en réparation des torts de 1492 (reconquista). Il se risque même a comparer les bagnes à des camps de concentration nazi… Davis semble défendre l’idée que le mépris et le sentiment de supériorité qui animaient les maîtres musulmans contre leurs esclaves étaient nettement supérieurs ou incomparables à celui des autres maîtres esclavagistes. Outre la pertinence plus que douteuse d’une telle réflexion, on ne voit pas trop où se situe l’intérêt historique.

Pour ce qui est de la quantification de l’esclavage blanc en méditerranée, au terme de ses recherches, Davis estime qu’il y avait en permanence 35'000 esclaves blancs détenus dans les régences barbaresques. Il en résulte qu’entre 1530 et 1780, c’est certainement un million et très probablement jusqu’à 1'250'000 Européens, chrétiens et blancs qui se virent asservis par les musulmans de la côte barbaresque.

Les esclaves provenaient majoritairement des incursions terrestres réalisées par les corsaires. Expéditions pourtant bien moins fréquentes que les attaques de bateaux en mer. A ce propos, Davis raconte comment les passagers tentaient de cacher leur origine social avec moult déguisements. Tout cela dans le but de ne pas exciter la convoitise des corsaires en quête de rançons.

Une fois capturé, les tâches assignées aux esclaves étaient diverses. L’exploitation des carrières, du bois, la construction, l’agriculture, le travail domestique, et bien sûr, les rames des galères. Il est cocasse de relever que certains esclaves ouvrirent des débits de boissons alcoolisées où les musulmans venaient se saouler sans que cela ne s’ébruite.

Dans le dernier chapitre, Davis évoque les individus et les ordres religieux qui étaient préoccupés par la rédemption des esclaves, à savoir leur rachat. Mobilisation qui devait s’avérer l’un des mouvements sociaux majeurs du monde méditerranéen au début de l’époque moderne.
"Étudiez comme si vous deviez vivre toujours; vivez comme si vous deviez mourir demain."

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